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Accueil Comment va le Togo

Violence obstétricale dans les hôpitaux du Togo  Témoignage d’une jeune maman qui a perdu son premier enfant dans des conditions ubuesques

La rédaction par La rédaction
23 mars 2022
dans Comment va le Togo
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Chers médecins togolais, donner la vie est une grâce. Je vous demande de penser à la joie que vous apportez à un couple, à l’allègement de la souffrance que vous devriez apporter à une femme en travail à travers votre relation soignant-soigné que vous devez impérativement améliorer. C’est mon désir et mon souhait pour vous.

Je suis togolaise mariée et mère de deux garçons vivants. Je dis « vivants » car j’ai perdu mon premier bébé lors de mon premier accouchement ; sinon j’en aurais au moins trois !

En 1999, alors que j’étais étudiante en année de licence, j’ai voulu faire mon premier enfant, à 26 ans, La grossesse s’est très bien déroulée avec un suivi médical dans un centre de santé public de Lomé. A deux semaines de la date prévue pour l’accouchement, après le journal de 20 heures suivi du feuilleton (c’était un jeudi) ; j’ai rompu la poche des eaux, sans avoir de contractions. Je me suis tout de suite rendue au centre de santé où j’étais suivie et après m’avoir touché, ma sage-femme m’a évacué au Centre Hospitalier Universitaire  de Tokoin (CHU-Tokoin rebaptisé Centre Hospitalier Universitaire Sylvanus Olympio (CHU-SO), tout en nous suivant (ma tante qui m’assistait et moi).

Là, on m’a donné un lit en salle d’attente, avec des suivis du battement du cœur de l’enfant ; le médecin gynécologue de garde a été appelé pour diagnostiquer ma situation et il dira ceci : « primigeste + présentation de siège complète égale césarienne ». Aussitôt dit, aussitôt fait, le kit du bloc acheté, on m’a préparé en me rasant et normalement je passerais au bloc à la première heure le vendredi matin ; avec le médecin qui le remplacerait. Mais dès la passation de service le matin de ce vendredi (noir pour moi) ; c’est en ce moment que mon calvaire a commencé. Il y aurait eu d’autres cas de césariennes planifiés qu’on a fait passer au bloc avant moi et vers 12h, alors que j’étais sur le brancard pour passer à mon tour au bloc, on amena une femme d’une clinique privée de Lomé qui aurait fait un avortement avec beaucoup de saignements et qui devrait passer en urgence pour un curetage de propreté. Il semblerait qu’à l’époque il n’y avait qu’un seul bloc opératoire fonctionnel. Le gynécologue ordonna alors qu’on me laisse de côté pour faire passer cette femme. Ma sage-femme fut énervée et insista pour que je passe parce que mon bébé ne respirait plus très bien et que j’étais en travail depuis la veille ; en plus ajouta-t-elle, s’il y a un choix à faire, autant sauver deux vie (la mienne et mon bébé) et non l’autre femme. Il faudrait rappeler que des cas comme celui de cette femme offre des enveloppes d’argent en coulisse d’où l’intérêt que le médecin avait dans sa priorisation. En plus, les médecins se couvrent ; donc enregistrer un décès de ce genre d’une clinique privée réputée de la place ne les rend pas crédible et peut déclencher des procédures judiciaires ; ce qui n’est pas souvent le cas dans les services étatiques.  Dès que ma sage-femme a tenu ce raisonnement, le médecin s’est tout de suite emporté, refusant d’aller au bloc en disant qu’il n’avait d’ordre à recevoir de personne encore moins d’une sage-femme qui n’a fait que 3 ans de formation alors que lui, il en a fait 07 plus ses années de spécialisation ; il rajouta tout en enlevant sa blouse qu’il était d’ailleurs l’heure d’aller déjeuner et qu’il ne reviendrait qu’après sa pause.

Ma sage-femme désemparée s’est alors mise à pleurer de tout son cœur, mais rien n’a fait changer d’avis le tout puissant médecin. J’étais couchée nue avec un morceau de pagne qui couvrait mon ventre dans le couloir du bloc, trempée de mon liquide amniotique et sans pouvoir régir. Les autres sages-femmes tirèrent la mienne dehors et je ne saurai la suite que lorsqu’un brancardier va me pousser dans le bloc opératoire pour qu’on me prépare. Là encore, j’ai subi des injures de l’anesthésiste qui simplement en lisant mon nom de famille trouvera que je suis originaire du Nord du pays et que nous étions comme des singes dans notre région. Il regardera ensuite ma profession et se mettra à se moquer de moi en disant « elle est étudiante et elle veut aussi être maman, elle couple les fonctions ». Bref, dans la salle étaient présents les internes qui entre temps m’avaient tous touché dans la salle d’attente pour découvrir ce qu’est une présentation de siège complète. J’avoue que j’avais tellement eu mal de toutes ces touchées et les infections néo-natales dont a souffert mon fils seraient en partie liées à cela. Tous ces médecins-internes étaient silencieux et certains parmi eux priaient. Du couloir, j’ai senti le retour du médecin qui se faisait calmer par ses collègues infirmiers et je l’entendais toujours gronder. Quand l’anesthésiste eu fini de commenter mon origine et ma profession, il fit signe à un autre monsieur habillé en blanc de faire entrer le médecin. C’est alors qu’il entra tout en courroux et demanda à l’anesthésiste de m’endormir. Je me réveillai à la salle de réanimation avec pour première demande de voir mon fils. Il était bien né, beau. Mais dès qu’on lui a donné le premier biberon, on constata qu’il avait son ventre très ballonné et qu’il commençait à devenir pâle. C’était le samedi presque et il n’y a pas eu de pédiatre pour le prendre en charge (c’était le week-end me dira-t-on). On m’expliquera plus tard qu’il aurait assez bu le liquide amniotique qu’on n’a pas vidé dès sa naissance. Je perdis ainsi mon petit « Olivier ».

CHU OLYMPIO

Alors que jusqu’au lundi matin, je n’étais encore informée du décès de mon fils, le même médecin était en visite des hospitalisés quand en rentrant dans ma cabine il m’a reconnu et s’est écrié devant tout son staff « voilà la fameuse dame pour laquelle la petite sage-femme m’a manqué de respect ». Là j’ai vraiment pris une grande peur et j’ai commencé à hurler ; en fait je ne voulais plus qu’il me touche. Ma tante derrière la porte pénétra dans la salle et c’est là que j’ai commencé à expliquer ce qui s’était passé au bloc. Furieuse, ma tante alla directement voir le directeur de l’hôpital pour lui expliquer ce qu’elle ne comprenait pas avant, dans le processus de l’accouchement qui a fait qu’on a dû perdre le bébé. Le directeur fit appeler ce fameux médecin pour l’écouter ; d’abord en laissant ma tante et mon mari dans l’antichambre pour qu’il ne les voie pas. Il a commencé à se justifier et c’est alors que le directeur fit sortir ma tante et mon mari ; ce fut une très grande surprise pour lui de voir mon mari avec qui, il avait logé ensemble dans une même villa d’étudiants au quartier Tokoin Doumasséssé à Lomé communément appelé Adewi.  Il commença à présenter ses excuses tout en lui disant qu’il ne savait pas que j’étais sa femme à lui. Il fut encore plus touché quand on lui a annoncé le décès du bébé. L’irréparable était fait, les excuses acceptées. Mais personnellement, je rumine encore cet épisode de ma vie et cela me chiffonne beaucoup de penser combien les femmes souffrent dans les hôpitaux publics de ce pays ; je le dis car ce fameux médecin a eu le courage de dire à mon mari de ne pas hésiter de m’envoyer dans sa clinique à la prochaine occasion. Mon fils Olivier (qu’il repose en paix), aurait eu 21 ans le 05 mars 2021. Ma profonde blessure reste une plaie qui aura du mal à guérir.

Que toutes les victimes de cette barbarie déguisée en escroquerie depuis un moment dans notre pays retrouvent réconfort et que les défunts reposent dans la paix de l’Éternel.

Nous dédions spécialement cet article à Madame Immaculée Épouse KALAOU qui lutte pour la vie depuis des mois qu’elle est rentrée dans le coma à la suite d’un accident de la route. Madame est soignante à la clinique du Professeur Baragou. Très aimable pour tous ceux qui la connaissent, accroche-toi, nous avons encore besoin de tes blagues pour la bonne humeur.

Une Amazone

Tags: CHU TOGO
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