Pendant que les populations de Datcha et ses environs continuent de faire le deuil de l’usine textile, cette manufacture que le Missionnaire Géographe d’ORSTOM, Yves Marguerat titrait : « DADJA, ou l’USINE AUX CHAMPS : Industrialisation et émergence du fait urbain au Togo » et qui faisait la fierté du pays tout entier, mais fermée pour mauvaise gestion, c’est le tour de l’hôpital St Joseph de subir le triste sort des vautours assouvis par de l’argent facile.
Le psychodrame de la fermeture de cette usine textile est encore dans les mémoires. Les vestiges composés des bâtis et matériels en décomposition sont toujours visibles à la sortie Nord de la ville. Les quelques rescapés des ex-employés, encore sans dédommagement, tirent le diable par la queue. C’est le résultat de la gestion hasardeuse et familiale de la chose commune par les directeurs qui se sont succédé et qui avaient brillé par les détournements de toutes sortes et le gaspillage à la faveur de l’animation politique.
L’usine était le cœur des populations et surtout constituait le premier débouché de la culture cotonnière. Car les retombées étaient multiples. Grâce à cette unité de production, la localité était électrifiée, les populations bénéficiaient des soins médicaux, de la main d’œuvre et aussi de l’école et avaient la possibilité de côtoyer les gens venant de partout. Les pagnes de cette usine n’avaient rien à envier au Wax Hollandais. Au cours d’une visite dans la localité, une vieille dame nous a fait l’honneur de nous présenter sa petite collection de ces pagnes bien teintés de haute qualité.
Cette fois, le tort n’est pas au régime, mais aux prêtres de la grande et prestigieuse Eglise Catholique qui en avaient la gestion. Ceux relevant du ressort du Diocèse d’Atakpamé à 165 km de Lomé. Créé le 8 décembre 1995, l’hôpital St Joseph de Datcha est un précieux don du Vatican au diocèse d’Atakpamé. Selon les archives, le site fut choisi par feu Gnassingbé Eyadema.
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