La route tue. Les routes togolaises tuent. Des pistes rurales aux grands axes urbains, elles se transforment en véritables cimetières. Ce qui devrait être un vecteur de développement est devenu un piège mortel pour des milliers de citoyens et dès visiteurs.
Le Togo est un petit pays, avec une distance moyenne de 70 km entre deux villes. En théorie, il devrait être l’un des territoires les mieux désenclavés de la sous-région. En pratique, il est l’un des plus mal desservis. L’exemple le plus criant : la Nationale N°1, longue de 662 km, reliant Lomé à Cinkassé.
Cet axe routier, qui est décrit comme un maillon essentiel de l’Axe N°1 du Programme National de Développement (PND) ou la Feuille de route gouvernementale (FRG), traverse les principales villes du pays : Lomé, Tsevié, Notsé, Atakpamé, Blitta, Sotouboua, Sokodé, Bafilo, Kara, Kanté, Mango, Dapaong et Cinkassé.
Au-delà de Cinkassé, le Togo s’ouvre sur les marchés de l’hinterland : Burkina Faso (24 millions d’habitants), Niger (28 millions) et Mali (25 millions). Face à un marché intérieur de 9 millions de consommateurs, l’axe Lomé-Cinkassé est la clé d’un potentiel extérieur de 77 millions de clients.
En économie, c’est le marché qui dicte les investissements.
Transformer la Nationale N°1 en autoroute à double voie n’est pas un luxe : c’est une nécessité vitale. Ce projet unique pourrait changer le visage du Togo, redonner confiance aux citoyens et relancer la fibre patriotique.
Aujourd’hui, la N°1 est un cimetière. Chaque jour, des vies y sont fauchées. Inadmissible.
Les simulations estiment le coût de l’autoroute à 3,3 milliards de dollars (2 000 milliards de FCFA), soit environ 4 milliards par kilomètre. Le financement est possible : si chaque Togolais souscrivait seulement 10 000 FCFA, 90 milliards seraient collectés, couvrant déjà 5 % du projet soit 22,5 km de route. Cela peut se répéter chaque année, mais à condition d’établir une bonne gouvernance. Le reste pourrait être pris en charge par des investisseurs nationaux.
En Occident, les autoroutes sont souvent gérées par des sociétés privées, l’État se contentant de faciliter la construction et de percevoir des dividendes. Le Togo pourrait s’inspirer de ce modèle.
Mettre fin aux drames quotidiens sur la Nationale N°1, améliorer la croissance économique et offrir aux citoyens le plaisir de voyager en sécurité : voilà l’enjeu. L’autoroute Lomé-Cinkassé n’est pas seulement un projet d’infrastructure, c’est une question de vie ou de mort.
La rédaction



