Antoinette Amavi SÉGBEDJI FIALOH dite AYANO, la Mère de AYA du nom de son fils ainé, 1937 au 25 février 2015, 20 ans déjà !
Née vers 1937 et rappelée à son Créateur dans l’après-midi du 25 février 2005 à Gbalavé-Tsadomé dans sa 68ème année
Père originaire d’Afiadénygban (Sud du Ghana) et installé à Gbalavé-Tsadomé depuis des lustres, Antoinette Amavi, grossiste des fruits tropicaux entre Kpalimé et le marché des fruits de Hanoucopé de 1972 à 1978. Elle fut ensuite l’une des premières importatrices de tissu baltique de la Côte d’Ivoire sur le Togo. Elle a contribué à l’essor du commerce de tenues africaines le long des bretelles de Goyi Score jusque dans les années 1990, une période marquée par la crise sociopolitique dans notre pays.
Repliée à Gbalavé-Tsadomé, elle reprit les activités champêtres, toujours dans son pantalon avec une corde bien noué autour de la hanche. Elle est très connue pour son agilité à grimper les arbres fruitiers et à participer à la chasse du gibier aux côtés des hommes.
AYANO ou Céliné-mavi (la fille de Céline, celle qui possédait plus de bijoux en Or et perles rares), fut bailleuse et organisatrice des troisièmes mi-temps à la fin des matchs annuels de retrouvailles de fin d’année qui opposaient l’équipe locale à celle de la diaspora chaque après-midi du 1er janvier.
« C’était grâce à elle, et aux cadeaux de Waterpolo qu’elle ramenait à ses enfants, que la jeunesse du village pouvait jouer au football », confiait un habitant du village.
Da Amavi était celle qui répondait toujours présente en matière d’œuvres de charité, de solidarité, d’entraide… Et pour résumer, les habitants finirent par lui attribuer un énième surnom : « Base », pour dire : « Si le crapaud manque à l’appel, qui tiendra le clairon ? »
Mère de 6 enfants, (dont l’ainé a tiré sa révérence sous les fausses manœuvres de la Covid-19), elle est sans nulle doute la première des femmes de Gbalavé-Tsadomé à faire le maillage nord-sud par une vie maritale dès les années 1965. La fille de Céline était référence eux yeux de ses jeunes sœurs pour avoir brisé très tôt les barrières ethniques malgré tout ce que cela pouvait comporter à l’époque. Cette maturité lui confère le Pont entre les allogènes venus du Nord Togo et les autochtones.
Très comique, elle offrit à son enfant, un sac d’écolier confectionné à partir de sac de jute, sur lequel était inscrit en Ewé « Zéé wu zéé » en réponse à l’école qui venait de recaler son fils pourtant intelligent qui devrait monter au CP1 pour la simple raison que « sa main droite ou gauche n’arrivait pas à toucher l’oreille opposée ». Une pratique ancienne et très discriminatoire envers les enfants de petite forme. Cette inscription sur le sac s’était propagée dans tout le village et à chaque instant quand l’un dit « Zéé wu zéé », l’autre répond « Etɔ gbɔ yé wo kpɔnè lé » pour dire qu’on ne peut comparer la contenance de différentes jarres qu’au marigot.
Femme africaine « analphabète », mais profondément attachée à l’éducation de ses enfants et surtout à celle de la jeune fille. Car disait-elle souvent « C’est assurément cela qui m’a fait rater le foyer ! ».
« Dieu est pour nous un refuge et un appui, Un secours qui ne manque. » Cantique 46 :2
Chère Maman repose en Paix !







