Au Togo, Nicolas Grunitzky, sollicité pour devenir Chef de l’État post putsch militaire, aurait dû en janvier 1963 décliner l’offre pernicieuse et renvoyer les putschistes-assassins déboussolés du Président Sylvanus Olympio à ce que prévoyaient les dispositions de la Constitution togolaise de 1961 en cas d’indisponibilité définitive du Chef de l’État : force serait restée à la loi, la Constitution en serait plus qu’honorée et la morale aurait été sauve. Bien au contraire, il en fut séduit, accepta la perfide proposition, manquant ainsi de loyauté envers son propre parcours politique et envers la Constitution.
Dans l’histoire grecque ancienne, Brutus est le fils (adoptif) qui adouba l’assassinat de son père, l’Empereur Jules César. Celui-ci se serait exclamé selon la version latine de la légende : “Tu quoque, mi fili!” c.à.d. ” Toi aussi mon fils !”. Nicolas Grunitzky n’est certes pas le fils de Sylvanus Olympio, mais le beau-frère et l’adversaire politique de renom dans un Togo alors sous tutelle onusienne ; avant les années des indépendances, il était surtout un alter égo démocrate beau-joueur plutôt anti accession immédiate du pays à la souveraineté internationale. Ô, qu’est-ce qu’il a dû changer après et qu’est-ce qu’il connaissait Sylvanus Olympio sur le plan politique, sans compter le cousinage de sang de leur progéniture !

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