Hommages au Centenaire vivant Olympe Bêlhy-Quenum : des hypocrites au rendez-vous !
En ce mois de septembre 2026, on célèbre les 100 ans de vie de cette figure emblématique de la littérature africaine et francophone : Olympe Bêlhy-Quenum. Tous les Africains, et les Béninois en particulier, ont pondu des éloges au Patriarche encore en très bonne forme, avec une brillante mobilité et une éloquence remarquable. Sans commentaire, l’auteur du célèbre « Un piège sans fin » (1960) fait l’unanimité dans la mémoire collective d’une communauté nationale et internationale. Et à l’occasion de son centième anniversaire, puisque l’homme est resté fidèle à sa vraie date de naissance — n’en déplaise au papier formaliste de son jugement supplétif —, les hommages fusent de partout. Il est prévu une série d’animations culturelles et littéraires un peu partout pour remercier l’univers qui nous a fait cette grâce de vivre l’époque de ce Grand écrivain et même de le côtoyer de près pour certains. C’est le lieu de féliciter ce genre d’initiatives visant à rassembler les fils et filles de l’Afrique autour de leurs grands symboles, puisqu’il y en a de moins en moins au sein d’une génération en proie à la médiocrité et à la facilité intellectuelles. Mais le seul bémol autour d’une fête populaire consensuelle et rassembleuse, assez navrant pour être évoqué, c’est cette ruée vers l’or de nos politiciens africains, noirs de leurs pratiques de gouvernance et géants du haut de leur piédestal fait d’un capitalisme sauvage aux antipodes de l’écrivain humaniste qu’on célèbre. Avides de sujets de communication, ils se sont saisis de cette brillante occasion comme d’une bouée de sauvetage dans la fuite de leur conscience troublée qui leur reproche d’avoir contribué un siècle durant à plonger les destinées de l’Afrique.
« Le pouvoir, tu ne le mérites pas, tu l’as volé. […] Tu anéantis le peuple de Djên’kêdjê… » Olympe Bêlhy-Quenum, La Danse du Grand Prêtre (2022)Oui, nos acteurs politiques ont torpillé notre Afrique en complicité avec les impérialistes. Ils ont détruit l’éducation pendant qu’ils envoyaient leurs enfants à l’étranger pour étudier. Ils ont massacré la liberté d’expression, d’opinion et de pensée, pendant qu’ils importaient des penseurs venus d’ailleurs pour repenser notre vivre-ensemble à nous « esprits nains ». Et pour nous ridiculiser et nous marginaliser, nous pauvres penseurs libres et rescapés, ils ont propagé à tort et à travers cette réflexion qui interroge ce que vaut la littérature dans un monde qui a faim. Tantôt ils ont décrété que l’Afrique n’a plus besoin de penseurs, mais de producteurs. Désormais, il faut juste se destiner à produire. Produire du foin pour des ânes qui font l’âne pour manger le foin, puisque c’est là toute la finalité de l’Africain. Ils ont diabolisé la littérature et la philosophie, pendant qu’ils lisaient et récitaient par cœur les écrits de Machiavel, de Platon, de Heidegger et j’en passe. Objectif : fabriquer des masses de gens naïfs, manipulables et corvéables à volonté. Disons aux politiciens que Bêlhy-Quenum ne vit pas de littérature et d’eau fraîche : il a travaillé, il a produit des richesses comme un homme normal pendant qu’il menait ses réflexions intellectuelles et écrivait ses romans aux heures libres. De même, les études supérieures purement linguistiques et intellectuelles ne font pas de nos citoyens des ratés. Disons aux jeunes qu’ils n’étudient pas uniquement pour devenir bureaucrates. Ils peuvent étudier et ensuite devenir ce qu’ils veulent. L’essentiel sera d’apprendre à réfléchir, pour ne plus être facilement manipulables. Ils étudient pour avoir des convictions, et non des diplômes, des bureaux ou des titres.
Par Hervé Kissaou Makouya, philosophe et écrivain.
Médiation, transition numérique, cybersécurité et tarif notarial : Les notaires togolais à l’école de ces thématiques à Lomé
Le bureau de la Chambre Nationale des Notaires du Togo (CNNT) a organisé du 21 au 23 octobre dernier une session de formation à l’endroit des professionnels du secteur. La rencontre, qui s’est déroulée au Centre de formation des professionnels de la justice (CFPJ) de l’Université de Lomé, avait pour ambition de renforcer les capacités de ces acteurs face aux mutations du droit et aux exigences de modernisation de la profession.Consolider les expertises et adapter les pratiques aux évolutions du monde juridique
Le notaire est un officier public chargé d’authentifier les actes et de conseiller juridiquement ses clients dans divers domaines du droit. Sa mission principale est de recevoir et authentifier les actes et contrats auxquels les parties souhaitent ou doivent donner un caractère officiel. Ces actes authentiques confèrent une force probante et exécutoire, garantissant la date, le contenu et l’identité des signataires, ce qui protège contre les fraudes et les contestations ultérieures. Au Togo, on dénombre environ 81 notaires, dont 52 membres inscrits à l’ordre et 38 études notariales en activité, répartis dans les 5 régions du pays et 12 villes. Au vu de leurs nombreuses tâches et de l’évolution du droit, ces acteurs se doivent de se mettre à niveau pour être en phase avec les nouvelles exigences liées à leur profession.La quintessence de la formation : trois piliers fondamentaux
Durant les trois matinées d’échanges, les débats ont tourné autour de trois axes majeurs :- La médiation : face à l’engorgement des tribunaux et à l’aspiration croissante à une justice participative, le notaire doit investir pleinement le champ de la résolution amiable des litiges. Avec le Professeur Akodah Ayewouadan, les notaires ont réinterrogé leur posture pour passer du rôle de conseiller impartial à celui d’acteur clé du règlement alternatif des conflits.
- La transition numérique et la cybersécurité : l’ère digitale offre d’immenses opportunités d’efficacité mais s’accompagne de vulnérabilités majeures. Manipulant des données hautement confidentielles et des flux financiers sensibles, les cabinets notariaux ont été outillés par M. Étienne Douti sur la maîtrise des compétences numériques de base et l’hygiène informatique indispensable contre les cybermenaces.
- Le tarif notarial : clé de voûte de l’équilibre financier des offices et garant d’une concurrence saine, le tarif est une règle de protection du citoyen et un gage de transparence. Me Do Rego a apporté les éclairages nécessaires pour sécuriser les pratiques tarifaires dans le respect déontologique.
Togo-NSCT : OLAM et complices doivent répondre de crimes économiques et d’actes de haute trahison
Présentée en 2020 comme l’opération qui allait révolutionner la filière cotonnière togolaise, attirer des investissements massifs, créer des milliers d’emplois et faire émerger une véritable industrie textile nationale, l’entrée du groupe singapourien OLAM dans le capital de la NSCT suscite aujourd’hui de nombreuses interrogations. Cinq ans après la privatisation partielle de ce fleuron national (51 % cédés à OLAM, 24 % conservés par l’État et 25 % par la FNGPC), la filière a-t-elle été modernisée ou méthodiquement dépouillée ?Une filière florissante avant la privatisation
Contrairement aux idées reçues, la filière coton togolaise n’était nullement en faillite lors de l’arrivée d’OLAM Agri. Après la relance amorcée en 2011 sous Kokou Djagni, puis sous la présidence d’Adam Nana Nanfamé (actuel PCA), la production avait dépassé 160 000 tonnes en 2020 avec un résultat net de 4,6 milliards de FCFA en 2019 et plus de 5 milliards de FCFA de dividendes versés au Trésor public en 2020.Bilan comparatif des campagnes cotonnières (2017 – 2026)
L’analyse statistique sur les dix derniers exercices met en évidence des ruptures majeures :- Superficies : chute sous la barre des 100 000 ha à partir de 2020/2021 (après trois exercices consécutifs au-delà de 168 000 ha), suivie d’une lente reprise à 110 000 ha en 2025/2026.
- Production nationale : passage d’un pic historique de 137 266 tonnes en 2018/2019 à un point bas dramatique de 46 549 tonnes en 2022/2023, avec une remontée progressive à 78 580 tonnes en 2025/2026.
- Rendements agronomiques : stabilité relative autour de 700 kg/ha, avec une pointe exceptionnelle à 997,7 kg/ha en 2023/2024.
- Période NSCT Nationale (2017-2020) [$701,5\text{ kg/ha}$] : modèle extensif axé sur de vastes surfaces et de forts volumes.
- Période OLAM Initiale (2020-2023) [$713,7\text{ kg/ha}$] : phase de crise aiguë caractérisée par l’effondrement des volumes et de la confiance.
- Période OLAM / Transition (2023-2026) [$823,8\text{ kg/ha}$] : phase de redressement technique mais marquée par de vives contestations sociales et financières.
Gestion sociale contestée, opacité et dérive financière
L’enquête pointe de graves dysfonctionnements internes : vagues de licenciements (71 agents remerciés en 2023), externalisation controversée du personnel vers Conseils Réunis et RMO, multiplication des postes d’expatriés au détriment des cadres locaux, et conflits de compétences répétés. Sur le plan financier, l’opacité règne autour des achats d’intrants et de la commercialisation de la fibre. Alors que des acheteurs internationaux proposaient jusqu’à 950 FCFA/kg, la fibre aurait été cédée prioritariement à OLAM à des cours très bas. Plus grave encore : OLAM réclamerait désormais plus de 20 milliards de FCFA à l’État togolais au titre des différentiels de prix d’engrais, alors même que le groupe singapourien a cédé la gestion de sa filiale Olam Agri au groupe saoudien SALIC (filiale du PIF d’Arabie Saoudite).Par B. Douligna
Cancer au Togo : Le combat d’une vie, l’urgence d’une nation
De la méconnaissance à la mobilisation : vingt ans d’engagement pour briser le silence, sauver des vies et rendre les soins accessibles.
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