Etat des pistes rurales Bangéli, Bitchabé, Dimori
Ces trois noms résonnent comme un réquisitoire contre l’immobilisme. Alors que le Togo célèbre les promesses de la décentralisation, la Commune de Bassar 2, dans la région de la Kara, communément appelée le pays des « Tapous », offre le visage d’un territoire oublié de tous. Routes impraticables, eau impropre à la consommation, écoles sous-équipées, absence d’infrastructures publiques : dans cette contrée enclavée, le développement n’est pas en retard. Il est totalement absent.
Une absence coupable, imputable à un laxisme institutionnel persistant, à une vision politique défaillante et à la marginalisation progressive d’une partie de la population par les décideurs publics.
Pour comprendre le calvaire des populations de Bangéli, Bitchabé et Dimori, il faut d’abord mesurer leur isolement. Cette zone est particulièrement sinistrée, coincée entre la frontière ghanéenne et des cours d’eau qui deviennent difficilement franchissables pendant la saison des pluies. Concrètement, lorsque les pistes sont coupées, les habitants n’ont que deux options : parcourir des dizaines de kilomètres pour rejoindre les champs, les marchés ou les centres de santé, ou risquer leur vie en traversant les rivières.
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