La campagne électorale en vue des élections municipales prévues le 17 juillet 2025 s’est déployée avec vigueur sur l’ensemble du territoire togolais, du nord au sud, marquée par une présence plus ou moins active des partis politiques, des candidats indépendants et des initiatives locales à dimension sociale. Officiellement lancée le 1er juillet, cette période de campagne s’étendue jusqu’au 15 juillet à minuit, conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui a validé 494 listes candidates dans les 117 communes, afin d’élire 1 527 conseillers municipaux, qui éliront ensuite les maires locaux.

Les cadre de l’ANC sur le terrain
Dans la région centrale, les partis politiques ont misé sur une stratégie de proximité et d’écoute des préoccupations citoyennes. Le parti au pouvoir, Union pour la république (UNIR), a lancé des caravanes de sensibilisation dans plusieurs localités, notamment à Sotouboua, où un grand meeting tenu le 9 juillet dans le canton de Keriadè a accueilli une foule nombreuse. Le candidat UNIR, Paneto Beguedou, tête de liste dans la commune Sotouboua 2, y a exposé un projet de société axé sur l’accès aux services sociaux de base (eau, santé, éducation, hygiène), l’assainissement, les infrastructures socio-économiques et la digitalisation des services. Il a insisté sur l’inclusion des femmes et des jeunes dans la gouvernance locale.

Dans plusieurs préfectures de l’intérieur, partout où l’UNIR favorise l’organisation de caravanes, meetings et initiatives communautaires, l’objectif annoncé est de renforcer la visibilité des candidats et de conforter l’ancrage du parti au niveau local. Dans des zones comme Zio, Haho et Tone, des programmes de porte-à-porte sont organisés pour recueillir les doléances et promouvoir la vision d’un développement harmonieux et participatif.

Le candidat Avognon Kokouvi, ANC Zio1, devant les électeurs
Plus au centre-ouest, dans la préfecture de Bassar, l’engagement communautaire a pris une forme originale le 6 juillet, avec l’organisation d’un gala de football local par Lionel Tchontchoko Napo‑Koura, candidat dans le canton de Bassar. Cet événement, réunissant les quartiers de Kibédipou, Okoré, Kpankissi et Bikoundjib, a offert à la jeunesse un cadre ludique pour échanger dans la convivialité. Le tournoi s’est achevé par une victoire aux tirs au but du quartier Kpankissi après un match acharné contre Bikoundjib, tandis qu’un tournoi de Ludo entre les clubs « Plateau » et « Mairie » a été remporté par Plateau avec 5 victoires à 2. Ces activités, soutenues par Wagbe Gbati Cyrille, visaient à renforcer la cohésion sociale, la culture de la paix et la responsabilité citoyenne, ainsi que la sensibilisation aux bonnes pratiques en matière de réseaux sociaux et de manipulation de l’information.

Présentation des candidats UNIR-Bassar 1 à la population
Mais l’initiative sportive la plus marquante a eu lieu plus tard dans l’après-midi du même 6 juillet, avec un autre gala de football sponsorisé par Gamal Bonfoh en hommage à feu Abass Bonfoh, ancien président de l’Assemblée nationale décédé en 2021.

Deux équipes féminines (Coiffeuses FC et Couturières FC) et deux équipes masculines (Jeunes Dynamiques et Barba Sport) se sont affrontées. Coiffeuses FC s’est imposée 1‑0 contre Couturières FC, tandis que Barba Sport l’a emporté face aux Jeunes Dynamiques lors d’un penalty shoot-out (score final 4‑2 après 0‑0 réglementaire). L’honorable député Yawanké Waké Gbati a mis l’accent sur le fair‑play, la solidarité. Tous les participants ont reçu des récompenses telles que maillots, ballons, enveloppes financières et coupes pour les vainqueurs.
D’autres partis politiques ont mené des campagnes structurées dans diverses régions. Le Nouvel engagement Togolais (NET) a déployé 25 listes candidates dans des circonscriptions stratégiques, incluant Kloto, Anié, Zio, Ogou, Wawa, Golfe, Haho, Assoli, Lacs, Lago, Sotouboua et Blitta. Le NET a rappelé dans son programme des principes comme la transparence, la participation citoyenne, le fair‑play et la non‑violence, et a insisté sur la nécessité de promouvoir un renouvellement générationnel dans la gouvernance locale.
C’est dans cette ambiance festive que selon nos confrère du journal en ligne « ACTU-TOGO » qu’un accord historique a été signé entre l’Institut National de Formation Agricole (INFA) de Tové et la Fondation Kloto-Missahohé. Il s’agit d’un partenariat stratégique visant à valoriser les terres de l’INFA et à implanter un mini ZAAP dans le canton de Tové. À travers cette initiative, le gouvernement réaffirme sa détermination à replacer l’agriculture au cœur des priorités nationales et à renforcer la souveraineté alimentaire du pays.
L’accord repose sur une approche inclusive et participative. Il met en synergie l’expertise technique de l’INFA, le dynamisme communautaire de la Fondation Kloto-Missahohé, et les aspirations profondes des populations locales.
Toujours selon le confrère, la dynamique électorale a été aussi remarquable. Les cantons de Gbalavé et de Tové, où se sont rendus ce matin les cadres et candidats du parti UNIR dans la commune Kloto 1, affichent fièrement les couleurs bleu et blanc du parti au pouvoir.

La mobilisation des cadres et à leur tête Prof. Komla Dodzi Kokoroko, des militants et surtout des populations atteint un niveau impressionnant. Femmes, jeunes, chefs traditionnels et acteurs de la société civile participent activement à une campagne qui porte les signes d’une victoire annoncée.
L’Union des démocrates socialistes du Togo (UDS‑Togo), quant à elle, a misé sur une communication basée sur la foi et la proximité : elle a lancé sa campagne via une messe à Agbalépédo pour confier sa participation au 17 juillet à la protection divine. L’UDS‑Togo présente plusieurs dizaines de candidatures dans l’intérieur du pays, avec un discours axé sur la justice sociale, la démocratie locale et la relance de ses structures de base.
À Lomé, les partis d’opposition comme l’Alliance nationale pour le changement (ANC) et les Forces démocratiques pour la république (FDR) ont également lancé leurs campagnes dans différentes communes du Grand Lomé. Selon les sources, leur mobilisation reste plutôt timide mais symbolique puisque ces partis jugent néanmoins nécessaire de participer malgré certaines critiques sur le processus électoral.

Pendant toute la durée de la campagne, la CENI, en coordination avec le ministère de la Sécurité, supervise le processus. Un dispositif spécial a été mis en place, le vote par anticipation étant prévu le 14 juillet 2025 pour les membres des forces de défense, de sécurité et des réserves opérationnelles. Les bureaux de vote ouvent de 7 h à 16 h pour collecter les suffrages des électeurs.
Le déroulement global de la campagne s’est fait dans une atmosphère relativement calme et conforme au calendrier officialisé. Aucun incident majeur n’a été déploré officiellement dans les localités où se sont tenus les caravanes, meetings, tournois ou rencontres de proximité. À l’instar des mesures annoncées par la CENI et les partis pour promouvoir la discipline électorale, les consignes sur le respect, la transparence, la non-violence ont été diffusées dans toutes les zones concernées.

Ces élections municipales s’inscrivent dans la dynamique de décentralisation et de gouvernance locale, engagée depuis la décennie 2010. Les nouveaux conseils municipaux auront à charge de renforcer la participation citoyenne, de gérer des projets locaux (assainissement, infrastructures communautaires, services de base), et d’assurer la planification communale selon les besoins des populations. La légitimité des nouveaux responsables sera un test clé pour la crédibilité des institutions locales et de la démocratie parlementaire récemment instaurée.
Amen Tewou










