La faute à un déficit criarde de précipitation. Sinon, le Pays bassar-konkomba rassure que les places de marché se verront inonder de tubercules, dès les premières pluies. En effet, l’agriculture en Afrique est fortement liée à la pluviométrie. Et la culture d’ignames est particulièrement saisonnière. Elle débute au Centre et Nord du Togo par la fabrication des buttes, dès le mois de décembre pendant que le sol est encore humide et au Sud dès la première pluie de mars, exception faite des zones permanemment humides. La mise en terre des boutures se fait de janvier à fin mars selon les régions.
Cette année encore, beaucoup d’observateurs alertent sur les conséquences de l’anomalie pluviométrique sur les récoltes de vivres notamment les céréales (maïs, sorgho…) et autre produit de rente comme le soja sur l’ensemble du territoire national. Bien que les pluies ont été abondantes, mais très mal reparties dans le temps et dans l’espace, les igname-culteurs ont fait leur part.
C’est ainsi qu’au début du mois de juillet, certaines localités du Togo ont commencé par déguster la nouvelle igname. La fête Odon-Tsu, célébrée le 1er samedi du mois d’août chez les Ifè d’Atakpame, se veut la première cérémonie de dégustation de la nouvelle igname au Togo. Elle est suivie de quelques modestes célébrations (imitations) ici et là, mais la véritable démonstration de la bravoure des producteurs d’ignames est attendue en Pays bassar-konkomba en début septembre. Pour cette édition 2024, l’apothéose est prévue sur le 07 septembre prochain dans la ville de Guérin-Kouka. C’est à partir de D’pontre/N’nidak des préfectures de Bassar et Dankpen que l’approvisionnement massif des marchés du Togo, de la sous-région et d’ailleurs est assuré sans interruption de septembre de l’année (N) à septembre (N+1), et c’est ainsi tous les ans.
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