La chefferie traditionnelle est conçue comme étant l’un des grands symboles de la souveraineté du peuple. Elle est le pilier de base de toute gouvernance car, elle relaye la volonté du peuple. Ainsi, elle est sacrée, inviolable et indépendante. Même dans les monarchies les plus “pures et dures”, les collectivités territoriales conservent leur caractère sacré, et le roi tient compte en priorité des orientations qui viennent de la base. Au Togo, cependant, la chefferie traditionnelle est désacralisée, reléguée au second plan par un régime politique qui ne se soucie que de sa longévité. Des Chefs traditionnels sont carrément devenus des politicards, souvent alignés sur les seuls détenteurs du pouvoir d’État.
Comment sortir de l’emprise de ce serpent de mer que constitue le spectre d’un pouvoir vampiriste, qui a absorbé jusqu’ aux symboles les plus sacrés de la République, y compris les collectivités locales et leurs têtes couronnées ? C’est là la seule question qui taraude l’esprit inquiet de tout observateur averti qui ne se rassasie pas de formules politiques vendeuses d’un bien-être social en lambeaux.
Le constat est sans appel, nos chefs traditionnels sont vidés de tous leurs pouvoirs, par la gourmandise d’un pouvoir public qui ne cache pas sa brillante réussite du sacrifice de l’esprit de la République sur l’autel d’une longévité, sans partage au pouvoir. C’est un succès spectaculaire qui se lit à travers le malaise social qui est palpable partout dans un État dirigiste sur tous les plans.
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