Il a tort, cet énième transhumant politique qui a cessé de vivre de convictions, abreuvé de cette hypocrisie langue de bois qui gangrène l’opposition politique togolaise. Il y a bien longtemps sans doute que le taraude le désir de paraitre d’abord pour ensuite briller même pour rien.
Naguère figure de la Coordination de l’Opposition Démocratique, COD 1 puis COD 2 bien en verve au début de la décennie 1990, l’usure du temps qui passe sans faire réaliser ses rêves l’a propulsé tardivement un brin hagard dans les rangs de la majorité présidentielle. Voilà un promu Président de la République togolaise en 2025 que personne ne daigne féliciter ! Atypique Togo.
La raison ne lui donnera jamais raison en politique, à Jean-Lucien Kwassi Lanyo Savi de Tové, originaire de la bourgade de Tové, ce Président de la République vassal de son Premier Ministre de fait et obligé d’un Président du Conseil des Ministres de jure version 5e République togolaise. De l’incongruité manifeste sur mesure. Cherchez le Cardinal, vous trouverez sur son trône le Curé qui, pour avoir réussi son coup, vulgarise une encyclique de compréhension partisane. Ainsi va le Togo où le beau et le vertueux que résume le bon sens ont cédé du terrain au superflu et à la supercherie.
Un Président de la République vassal du Chef de l’Exécutif en raison du contenu foireux de sa fonction ! Un Président qui arrive clopin-clopant à son fauteuil présidentiel non pas avec une canne de sagesse que confère l’âge, ni celle symbole de l’autorité que concèdent légalité et légitimité, mais avec une béquille de troisième âge résumant ses défis personnels de santé. Bien malin qui pourrait assurer que Jean-Lucien Savi de Tové, rassasié de jours, a lu cette Constitution qui fait de lui un faire-valoir de cavalerie, chiffonnier table à ouvrage d’une République confisquée, lui qui fut aux heures glorieuses, en capacité et en énergie débordantes, incontestablement un porteur de saines valeurs républicaines et un chantre d’élections au suffrage universel.
L’intérêt personnel et la quête d’une place au soleil, que seuls les Tenants du pouvoir d’État densifient, ont eu raison de lui-aussi comme de bien d’autres politiciens et visages publics togolais. Lui-aussi n’a que faire de l’intérêt général ni surtout de cette détresse d’une population togolaise de plus en plus jeune, de plus en plus désœuvrée et de plus en plus exigeante en mieux-vivre. C’est à rappeler un certain Édouard Kodjovi Kodjo dit Édem Kodjo qui fit le choix de sauver le Régime aux abois, décrié et vomi du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) de Gnassingbé Éyadéma Père, malmené par l’opposition démocratique en son temps, …en rejoignant sans ambages ses rangs avec ses poussières de députés largement suffisant pour faire basculer la victoire de camp.
Une autre image forte à valeur de souvenir indélébile de transhumant politique et d’opposant en veux-tu voilà serait aussi celle de Joseph Kokou Koffigoh, distingué par un poste de Sénateur de la 5e République, nommément désigné, personnellement choisi par le Successeur dynastique de celui-là même dont il contesta la légalité et la légitimité avant de devenir son obligé. En effet, Joseph Kokou Koffigoh fut Premier Ministre au titre de l’opposition politique à Gnassingbé Père au sortir de la Conférence Nationale Souveraine ; il fut vite tenu en joue, puis sinistré et récupéré comme simple Ministre par le Régime qu’il a combattu au nom de la démocratie avant d’en devenir un servile courtisan-artisan. Ce sont juste deux noms de politicien, deux fortunes diverses, Kokou Koffigoh Premier Ministre sortant (mars 1994) et Édem Kodjo Premier Ministre entrant (avril 1994) de l’indéboulonnable maître du jeu Gnassingbé Père, pour faire court sur un registre foisonnant de personnalités un pied dans la bergerie présidentielle un pied en dehors.
Finalement une présence d’apparat, de transhumant politique, au sommet d’un État togolais abusé dans un palais présidentiel devenu un chapiteau de cirque, et dans une fonction vandalisée, de médiocre référence scripturale et bien évidemment à la légalité abîmée. Sans langue de bois, c’est ce dont devrait avoir conscience Jean-Lucien Savi de Tové, dépouillé de crédibilité républicaine, et que ne saurait mieux ironiser ce proverbe turc, à savoir : “Quand un clown entre dans un palais, il ne devient pas roi, mais le palais devient un cirque.” (Fin de citation). De l’intérêt général et du bon sens, il faut s’en moquer au Togo comme de l’an quarante pour être partie à un tel deal.
Vilévo DEVO










