En production depuis septembre 2023, l’Alliance des États du Sahel (AES) relève sans commune mesure de dystopie, de chimère fantasque entretenue par des pouvoirs totalitaires noyés dans une idéologie de souverainisme néfaste pour le vivre ensemble national et le bon voisinage régional. Il faut être dépositaire d’un agenda sordide et personnel caché et de mauvaise foi politique pour ne pas se rendre à l’évidence que l’AES originelle s’est rapidement et totalement écartée _aussi bien du préambule que des dispositions idoines_ de son Traité fondateur du 16 septembre 2023 ; celui-ci se retrouve abusivement transformé en prétextes futiles à toutes les dérives de gouvernance, diplomatiques, liberticides, économiques et sociales inimaginables.
Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es, enseigne l’adage
Dix-huit mois environ après son lancement, l’AES s’est transformée en une usine à palabres en tous genres, liberticide, confiscatoire, monologuiste sur les enjeux sociétaux et destructrice d’unité nationale. Est-ce bien ce qui séduit le Togo, seul prétendant à l’embauche au sein de ladite Alliance ?
L’AES de 2025 projette surtout une solide image et une propagande abusive de dictateurs messianiques néo panafricanistes, se serrant les coudes pour conserver le pouvoir d’État quoi qu’il en coûte, occultant totalement sa vocation de regroupement sous-régional dédié à la lutte contre le terrorisme dans le Sahel.
Et cette AES de 2025 fréquente de moins en moins ses voisins et de plus en plus la lointaine Russie devenue un parrain exclusif (_au nom d’un souverainisme néo panafricaniste_) ! Plus désespérant encore, l’AES s’enlise dans une économie de guerre en distrayant les rares moyens budgétaires tangibles disponibles dans le tout-militaire. Un drone de sa minuscule flotte, facilement abattu, et ce sont 20 milliards de Franc CFA, peut-être même pas encore totalement réglés au fournisseur turc, et plein de rêves de surveillance des terroristes depuis le ciel souverain partis en fumée.
En dehors d’un univers dystopique, que propose l’AES ?
Rien qui vaille pour qu’un pays, aux mains de dirigeants sérieux et compétents, puisse un seul instant envisager d’être de cette aventure politique tape-à-l’œil rendue loufoque, vassalisée à la Russie de Poutine, dont les seules perspectives se résument en des discours souverainistes foireux et vaseux et dont seuls leurs auteurs tirent des glorioles au demeurant passagères. L’AES, de noble mission originelle, est devenue un prototype de regroupement sous-régional aux mains de mal-gouvernants.
L’AES déploie une diplomatie d’isolement dans un environnement en demande chronique de progrès social et où nul n’a le monopole des recettes d’un vivre ensemble apaisé. À cet égard, comment comprendre qu’aucun pays, en dehors de la lointaine Russie de Poutine, ne trouve grâce aux yeux des États fondateurs, tous sans littoral au demeurant, qui chaque jour s’isolent davantage de leurs voisins immédiats et de la Communauté internationale ! Jamais de compromis dynamique, jamais de concession, toujours des discussions stériles ou sans lendemain : seules les positions urticantes de l’AES comptent, présentées en vérités scientifiques au détour de discours véhéments et lassants.
Économiquement, les dirigeants de l’Alliance sont devenus si bigleux qu’aucun d’entre eux ne se rend compte que le tout pro Russie mène à la catastrophe (comme en Angola, au Mozambique, en Centrafrique, au Nicaragua, en Afghanistan, en Syrie …, ). En dépit d’une fébrilité manifeste, esseulés, controversés, sans le sou, ils envisagent malgré tout, comme une panacée et en symboles de souveraineté, une banque confédérale de développement et une union monétaire. Socialement, l’AES chahute chaque jour le bon sens, l’intérêt général et le vivre ensemble national après avoir déterré la hache de guerre contre le multilatéralisme, particulièrement celui de la Communauté Économique Des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).
L’AES a intérêt à repenser en profondeur les stratégies de mise en production de son Traité fondateur, toujours d’actualité brulante, pour se sortir de ce gouffre de mal gouvernance de ses dirigeants, tous putschistes et dans le parjure, qui dessert l’idéal qu’elle poursuit, à savoir la mutualisation des moyens de la lutte anti-terroriste dans le Sahel.
Vilévo DEVO
« TAMPA EXPRESS » numéro 0075 du 18 avril 2025










