Le découpage de l’année scolaire 2022-2023 au Togo, projette le début des examens au cours de ce mois de mai. Pour préparer dans les meilleures conditions ces épreuves et espérer réussir, les élèves, et surtout ceux surtout en classe d’examen sont actuellement scotcher à leurs cahiers et manuels d’apprentissage, afin de pouvoir assimiler au maximum les cours dispensés tout le long de l’année scolaire. Mais, la plupart d’entre ces apprenants se heurtent à la dure réalité. Trop de cours accumulés et non encore assimilés pour des raisons diverses. Que faire ? Par où commencer ? La seule solution plausible c’est le bachotage. En effet, le bachotage consiste à réviser ses cours de façon intensive pour retenir le maximum de connaissances, en seulement quelques jours. Quels sont les avantages du bachotage et ses inconvénients ? Quels conseils proposer aux apprenants qui sont dans cette situation ?
Avant toute chose, notre rédaction va vous exposer un cas d’école, raconté par Marcel Pagnol dans son ouvrage « Le temps des amours ». Il s’agit de Lagneau, un pensionnaire peu studieux, en classe de terminale, et qui s’est emballé dans une idylle à un mois des examens.
« Un matin, Lagneau arriva au Lycée somptueusement vêtu d’un complet de coutil blanc ; sur la tête, un chapeau de paille à larges ailes, qu’il mettait fort en arrière, à la façon d’une auréole. Il m’informa tout bas que pour reconnaitre la munificence de son père, il voulait réussir au baccalauréat, et que pour commencer, il prenait la ferme résolution de se mettre au travail à partir de la semaine suivante.
Je fis remarquer qu’il était sage d’attaquer le programme tout de suite, mais il ne me démontra que cela était impossible, et pour une raison indiscutable : il avait déjà préparé un emploi de son temps.
Cet emploi du temps, partant du 26 mai, prévoyait pour chaque semaine une certaine tranche de programme de l’examen. Il arrivait ainsi à voir toutes les matières avant le 20 juin. Il lui restait dix jours avant le premier juillet pour faire la révision générale.
- Et tu sais, me disait-il, tout est calculé et dosé miraculeusement. Si je commençais aujourd’hui, comme tu me le propose, vois quelle faute irréparable je commettrais ! Quel désordre dans l’emploi du temps ! C’est alors que l’échec serait certain ! Quant à faire de la révision générale tout de suite, c’est impossible ; car on ne revoit que ce qu’on a vu ; et je n’ai rien vu.
C’était péremptoire, et je l’approuvai.
Comme il lui restait quatre jours avant de renoncer à tout plaisir, il décida sur-le-champ qu’il fallait en profiter au mieux possible. Il prit sa belle plume, et, d’une écriture tourmentée, il écrivit un billet sur un joli bristol, dont il avait une provision dans ce but. Ce billet informait Monsieur le Censeur que la mère de Lagneau, gravement malade, avait absolument besoin, ce soir même, des services de son fils ; en conséquence, elle priait l’Administration d’autoriser son fils à quitter le Lycée à quatre heures….
[Quelques jours plus tard], il alla présenter au Censeur un nouveau billet, dans lequel, empruntant encore une fois la signature de sa mère, il affirmait que cette robuste dame, dont la maladie empirait, avait besoin de son fils chaque soir, à quatre heures, et pour une période indéfinie. Il eut l’autorisation.
Un matin, je vis que Lagneau était occupé à un nouvel emploi du temps.
- Que fais-tu ? lui dis-je.
- Voilà, répondit-il. Je me suis aperçu qu’au baccalauréat on ne demande que certains sujets, toujours à peu près les mêmes. En français par exemple, Racine et Corneille. En physique, les lois d’Ohm, la machine de Gramme, etc. Il est donc stupide d’apprendre le reste.
J’en convins.
- J’ai donc barré, poursuivit-il, tous les sujets qu’on ne me demandera pas ; les uns parce qu’on ne les demande jamais, les autres parce qu’on les a donnés l’année dernière.
Je lui fis remarquer qu’il ne devait rester que fort peu de chose.
- Presque rien, me dit-il triomphalement. Presque rien.
- Et si par hasard, on te donnait un des sujets que tu as barrés ?
Lagneau prit un air méprisant.
- Ils auraient tort. Ils prouveraient qu’ils sont des imbéciles. Et d’ailleurs, je refuse d’envisager pareille éventualité.
Cela tranchait définitivement la question ; et Lagneau déclara que le soir même il se mettrait au travail, suivant l’emploi du temps remanié…
Le bachotage en quoi consiste-t-il exactement ?
Le bachotage consiste à travailler, généralement en préparation à un examen, en continu, sans pause, parfois en se contentant seulement d’apprendre les cours par cœur. Lagneau a rassemblé les ingrédients de comportements qui amènent au bachotage. Ce sont : un manque d’intérêt intellectuel ou un manque de passion pour les matières, un intérêt plus à la note qu’au contenu du cours, une attitude à la procrastination ou une tendance à remettre tout sur la dernière minute, et mieux sur la veille de l’examen. Les élèves qui prennent la méthode du bachotage présentent généralement un argument de manque de temps pendant toute l’année. Ce sont également des élèves qui préfèrent avoir de la pression et ils attendent le dernier moment pour apprendre la leçon.
Quels sont les avantages du bachotage
Généralement pour une matière, l’élève choisi les chapitres selon lui les plus importants, prépare sur de bouts de papiers un résumé à partir de ses notes qu’il lit et relit plusieurs fois. Le bachotage présente l’avantage de rendre capable l’élève de restituer un savoir à court terme. Pour ceux qui ont une très bonne mémoire, cela leur aura épargné du temps d’étude durant l’année scolaire.
Il faut pourtant s’en débarrasser
Si le bachotage est prisé par les élèves et étudiants, il est déconseillé par les enseignants. La meilleure technique d’apprentissage est l’assimilation progressive et régulière des connaissances. Pour assurer une mémorisation efficace et à long terme, il faut prendre le temps d’étudier la matière dans les semaines et les jours qui précèdent l’examen, sans attendre la dernière minute.
| Quelques dates d’examens à retenir |
| BAC 1 : 30 mai au 02 juin 2023 CEPD : 13 au 15 juin 2023 CAP : 12 juin au 07 juillet 2023 BEPC : 20 au 23 juin 2023 BAC 2 : 26 au 30 juin 2023. BT : 25 juillet au 1er septembre 2023 CQP : 28 août au 1er septembre 2023 CFA : 04 au 09 septembre 2023 |
Conseils pratiques pour mieux préparer ses examens
- Etablir un emploi du temps pour les révisions
Il faut d’abord établir un emploi du temps pour les révisions. Pour ce faire, diviser la journée en plusieurs périodes de travail entrecoupées de pauses (en milieu de la matinée, à midi, …). Ne pas veiller pour apprendre les cours à l’approche des examens.
- Limiter la quantité de connaissances apprises en une seule session
Il ne faut pas surcharger la mémoire dans un court temps de travail par des connaissances ou des informations très variées.
- Réviser ses notes pour éviter l’oubli
L’oubli intervient dès que les connaissances apprises ne sont plus répétées. Il est donc important de répéter souvent les informations apprises. On peut réviser par écrit, dans un cahier, sur un tableau, refaire les exercices déjà traités (exercices d’application, sujets de devoirs, de composition, …).
- Se réserver des périodes de repos et privilégier un temps de sommeil
Il est important de se réserver des périodes de repos voire de détente en privilégiant un temps de sommeil entre les phases de révision. Le sommeil permet de fixer les choses apprises. C’est le moment où les souvenirs passent du stockage à court terme au stockage à long terme. Par conséquent, si vous souhaitez optimiser votre apprentissage, il est essentiel de dormir suffisamment.
Enfin, il est important de rappeler qu’au-delà de ces quelques conseils, et en dépit de la conjoncture économique, les parents doivent veiller à ce que les enfants mangent sainement, au moins en ces périodes et se protègent des piqures de moustiques !
La rédaction, Tempa Education









