À l’instar de plusieurs localités du pays, la préfecture de Bassar traverse, depuis des décennies, une crise profonde qui se traduit par une régression généralisée sur les plans économique, politique, social et culturel. Cette situation a pris une allure clanique exacerbée par les querelles politiques partisanes, les trafics d’influence, les détournements de ressources communes et les abus de pouvoir ainsi que les violences morales sur les personnes. Une situation dramatique qui n’est que le reflet des pratiques du RPT-UNIR, le même qui a créé tout un désert total au niveau de la classe intellectuelle et des valeurs. Le recours au musèlement de l’intelligentsia et aux diverses méthodes de sabotage des leviers sociaux stratégiques aggrave l’exode des jeunes vers le Nigéria et le Sahel surtout, le chômage, la délinquance, l’abus des drogues… À voir de plus près ce fléau, on pense qu’il s’agit beaucoup plus d’un narcissisme extravagant d’une pseudo élite aux abois que d’un simple conflit de leadership entre les forces vives de la localité. Les causes profondes remontent à une fracture dans la transmission du témoin entre jeunes et aînés ou encore la volonté d’une minorité sans véritable base électorale de dominer une grande masse déçue et désabusée qui ne trouve plus aucun intérêt à rester du côté des aînés qui ne pensent qu’à leur propre gloire et ventre, tout en ignorant même leur propre progéniture.
Dans une alerte du Professeur Gbandi Adouna de l’Université de Kara, en réponse à une invitation pour l’animation d’une journée de réflexion à Bassar, on pourrait lire ceci : « Attention, chez nous à Bassar, un politicien de niveau BEPC est plus prépondérant qu’un universitaire »; il recadrait ainsi ses paires qui s’apprêtaient à aller animer des journées de sensibilisation. C’est vraiment malheureux ce musellement des intellectuels qui favorise toutes les dérives que les populations ne cessent de déplorer. Car, certains cadres autoproclamés n’hésitent pas à violer allègrement les lois et les principes, dans le seul souci de plaire au régime qu’ils servent, avec tant de zèle. Et, tant qu’il y aura des coups de force d’une minorité pilleuse sur une majorité lésée, la cohésion sociale restera une pure illusion.
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