En tout début 2023, les chocs de ces dernières années pourraient se résumer ainsi : Covid-19 et ralentissement économique, inflation mondiale liée à la stupide guerre de nantis russo-ukrainienne et perte conséquence de pouvoir d’achat ici et là en Afrique subsaharienne, remontée de taux directeurs des banques centrales (qui devrait se poursuivre toutes choses étant égales par ailleurs), famine en recrudescence généralement dans les pays à monnaie inconvertible etc.
C’est à peu près le contexte dans lequel le franc CFA a poursuivi et consolidé ces trois dernières années son parcours de signe monétaire solide et crédible, parce que protecteur du pouvoir d’achat des populations, mieux que presque partout ailleurs dans une Afrique surtout émettrice de monnaies-pacotilles. Dans le même temps et à valeur de cas d’école de monnaie-pacotille, le cedi du richissime Ghana, par exemple, s’est effondré et l’économie ghanéenne avec. Le naira du géant pétro gazier Nigéria, au bord de la banqueroute et en difficiles négociations avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour s’approvisionner en réserves de change, a dû in extremis son salut à la funeste guerre russo-ukrainienne qui a fait rebondir les cours du brut, redonné une nouvelle vie et conféré autant une urgence qu’un regain d’intérêt à des projets gaziers titanesques auparavant en veilleuse : le malheur de l’Ukraine a fait et fait le bonheur du Nigéria mais pas tout à fait celui de son naira. Ailleurs et en dehors du franc CFA, c’est rarement stable et brillant pour une monnaie au sud du Sahara, presque toutes dollarisées malgré elles.
Le franc CFA continue de prouver sa pertinence de signe monétaire, celle de son corpus réglementaire et de ses édifices, en dépit de turpitudes et fanfaronnades monétaires nouvelles apparues en Centrafrique en 2022.
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