L’ex Premier Ministre Succès Masra du Tchad vient d’être interpelé pour incitation à la haine. Il aurait pu l’être pour n’importe quel autre chef d’accusation avec la même pertinence sordide du genre qui veut noyer son chien l’accuse de rage. Succès Masra était en effet atteint de cette rage de faire tantôt copain comme cochon et tantôt opposant, parfois plus royaliste que le Roi et assurément plus impérial que ses compagnons démocrates.
Inculper un visage public ou un homme politique en Afrique d’incitation à la haine ou d’outrage à magistrat, qu’importe, ne nécessite guère du plaignant une intelligence au dessus de la moyenne ; c’est bien souvent une question d’humeur du moment, une question épidermique traitée par le judiciaire aux ordres selon les desiderata des tenants du pouvoir d’État.
Succès Masra du Tchad rappelle à s’y méprendre Chogel Maïga du Mali et bien d’autres opposants aveuglés par l’opportunisme, la visibilité et le piège du siège de Premier Ministre premier sinistre au point de jeter aux orties leurs convictions pro démocratie. En réalité, Masra ou Maïga et tant d’autres sont victimes d’excès de naïveté politique leur faisant amalgamer combat de conviction et combat de réussite personnelle, la finalité étant vaille que vaille d’arriver sous les ors de la République.
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